Les Houthis ont visé vendredi avec des missiles le palais présidentiel à Aden, ville du sud du Yémen où s'est replié le gouvernement, a indiqué à l'AFP une source policière.
Aden, qui abrite le gouvernement internationalement reconnu chassé de la capitale Sanaa en 2015, a été visé à plusieurs reprises ces dernières semaines, depuis que se sont intensifiées les hostilités entre les deux camps.
Un correspondant de l'AFP et des habitants y ont entendu des explosions en soirée. Et deux témoins ont raconté avoir vu des ambulances pénétrer dans l'enceinte du palais, où des bâtiments sont utilisés par le gouvernement et les forces saoudiennes qui le soutiennent.
Le mouvement pro-iranien avait déjà mené mi-octobre une attaque contre ce palais, frappant en particulier un centre de commandement de la coalition dirigée par Riyad. Elle avait fait cinq morts.
Vendredi, les Houthis ont aussi ciblé le royaume saoudien.
La coalition a dit avoir abattu un drone dans la région de Riyad, ainsi qu'un «missile balistique lancé par la milice terroriste houthie en direction du sud».
Son porte‑parole Turki al-Malki avait également indiqué à l'aube sur X qu'un drone houthi avait été «intercepté et détruit dans la région de La Mecque». Et dans la soirée, il a fait état d'un autre drone abattu dans la région de Médine.
L'Arabie saoudite, ciblée quasi quotidiennement depuis début octobre, a déjà accusé les Houthis d'avoir visé ces deux villes saintes de l'islam, ce que les combattants antigouvernementaux ont à nouveau nié vendredi.
«Les allégations de l'ennemi saoudien selon lesquelles il aurait intercepté un drone dans l'espace aérien de La Mecque sont totalement infondées», a réagi leur porte-parole militaire Yahya Saree, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
275.000 déplacés
Après quatre ans d'accalmie, le conflit, lancé en 2014 avec la prise de la capitale Sanaa par les Houthis, a repris en juillet, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Les hostilités se sont intensifiées en septembre avec une offensive des combattants pro-iraniens dans l'ouest du Yémen, qui leur a permis de renforcer leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique du trafic maritime entre l'Europe et l'Asie.
Les Houthis ont dans le même temps intensifié leurs attaques contre les infrastructures pétrolières et aéroports saoudiens.
Face à ces attaques, Riyad a cherché à rallier un soutien international. En réponse, l'Égypte a décidé de lui accorder un soutien militaire défensif, aux contours flous pour l'instant, mais l'allié américain n'a, lui, pas donné suite.
Jeudi, les forces saoudiennes avaient déjà intercepté deux missiles tirés vers Riyad. Peu avant, huit explosions avaient été entendues par des journalistes de l'AFP dans la capitale saoudienne, précédées de SMS d'alerte des autorités signalant une «menace aérienne».
Les Houthis, de leur côté, ont dénoncé un bombardement saoudien qui a fait selon eux au moins 12 morts dans la province de Taëz, dans l'ouest du Yémen.
Les combats dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique ont fait plus de 1.600 morts et 275.000 déplacés, selon les chiffres de l'ONU, sans qu'aucune issue diplomatique ne soit en vue.
AFP